Dionysos

L’Extraordinarium, sortie le 03.11.2023


Psssst ! Fermez les yeux, inspirez profondément et replongez-vous en 1993. Tandis que la vague grunge déferle, que le rock alternatif fait de la résistance, qu’une nouvelle scène tricolore émerge et qu’Alain Souchon inonde la bande FM de sa Foule sentimentale, quatre garçons pleins d’avenir donnent leur premier concert sur la terrasse d’un café de Valence. Oubliée sur le bord de l’autoroute des vacances, la préfecture de la Drôme assiste à la naissance de Dionysos. Premiers frissons et premiers pogos avec les copains de lycée, après une poignée de répétitions au fond du garage familial. Guitares folk et électrique, basse, batterie… Le quatuor, qui admire le groupe rock du moment dans l’Hexagone, Noir Désir, a sacrément bien digéré de solides influences anglo-saxonnes (Nirvana, Beck, PJ Harvey, Nick Cave, Pixies, The Doors, Sonic Youth, Pavement…) sans renier les grands noms de la chanson française et les pionniers du blues-rock. La chevauchée fantastique ne fait que commencer.

Maintenant, rouvrez les yeux, expirez lentement et pensez à toute cette eau qui a coulé sous les ponts, du Rhône au Mississipi en passant par Paris, l’Andalousie et Edimbourg. Trente ans ont passé, les cassettes audio croulent sous la poussière mais Dionysos est toujours là. Et bien là. Prêt à en découdre à nouveau, avec l’incroyable énergie de ses débuts et un nouvel album, L’Extraordinarium, qui revisite trois décennies de succès avec un impressionnant parterre d’invités. Ceci n’est pas un best-of – surtout pas ! – mais la version augmentée d’une œuvre riche et protéiforme qui doit beaucoup à l’imagination sans limites de Mathias Malzieu, à la fois Peter Pan et homme-volcan, frontman survitaminé et crooner délicat à l’écriture ciselée. Allumeur d’images et surprisier en chef, leader d’une troupe qui fait le maximum.

De paroles surréalistes en riffs percutants, avec une autodérision et un humour contagieux, l’emblématique groupe de rock a su emprunter au cinéma, à la pop, à la chanson, au folk, à la bande dessinée, à la littérature et au hip-hop pour créer son propre univers, donnant vie aux personnages échappés des romans de Mathias Malzieu, écrivain-poète (Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, Journal d’un vampire en pyjama, Le guerrier de porcelaine…) devenu réalisateur (Jack et la mécanique du cœur, Une sirène à Paris…). Pour le premier disque de Dionysos sur le label Tôt ou Tard, Jack le géant, Miss Acacia, Tom Cloudman, le docteur Madeleine, Mister Chat et consorts sont venus souffler les bougies d’un énorme gâteau d’anniversaire avec Olivia Ruiz, -M-, Emily Loizeau, Aldebert, Keren Ann, Arthur Teboul, Mademoiselle K, Last Train, Daria Nelson, Voyou, Emmanuelle Monet (Dolly), Troy von Balthazar, Fredrika Stahl, François Busnel, Clou, Sly Johnson et Bernard Werber.

Un disque aux airs de bande originale de l’intégrale des romans de Mathias Malzieu, à paraître début novembre 2023 (au Livre de Poche), agrémentée de dix nouvelles spin-off autour des créatures monstrueusement dionysiaques. Pour (re)mettre en musique cette épopée onirique mais jamais nostalgique et enregistrer trois titres inédits (Tuto pour marcher sur l’eau, Poudlard de rien, Le cinéma de nos rêves), il fallait un lieu à la hauteur de la

créativité d’un groupe friand d’expérimentations sonores et visuelles au fil de sa carrière. Dans les mythiques studios ICP, à Bruxelles, ex-résidence secondaire d’Alain Bashung, Mathias Malzieu a retrouvé ses jouets et ses camarades de toujours, le violon et la voix de Babet, les guitares électriques de Miky Biky, la batterie de Rico et la basse et les ustensiles musicaux de Stephano. Deux semaines de réinvention jouissive et partageuse, avec le concours de l’ingénieur du son Jeff Delort et de l’arrangeur Olivier Daviaud pour faire naître un album au son brut, reflet de l’explosivité scénique de Dionysos.

Cela tombe bien, le retour des Jedi devant leur public est imminent. Dionysos, attendu au Zénith de Paris le 4 avril 2024 et en tournée dans toute la France l’an prochain, de grandes salles en festivals, promet un spectacle de rock ‘n’ roll à 360 degrés, rempli de magie, d’adrénaline, d’émotion et de surprises. Avec l’audace de ceux qui abordent chaque concert comme s’il s’agissait du dernier, une constante depuis trois décennies. L’affiche de la tournée, comme la pochette du disque et la couverture du livre ont été réalisées par Sébastien Monchal, lauréat d’un concours proposé à une communauté de fans dont Dionysos est toujours resté proche. Don Diego, une coccinelle, un vampire, John McEnroe, un déluge de neige et une tonne d’amour et d’électricité : il est grand temps de reprendre son souffle et de fermer les yeux… On en veut encore !

Dionysos
Passez une bonne soirée !